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  • DianeHart

Risky Love - Chapitre 6

Will


Vingt minutes plus tard, après une bonne douche et avoir troqué ma tenue de sport pour une paire de basket, un short de bain et un tee-shirt, je m’engage sur le ponton en bois devant le bâtiment principal, l’esprit – heureusement – plus lucide. Au bout de ce dernier, m’attend Poppy en compagnie d’un homme avec qui elle discute joyeusement. Arrivé à leur hauteur, je suis soulagé de constater que le sentiment étrange qui bourdonnait dans ma poitrine un peu plus tôt a désormais disparu. En me voyant arriver, Poppy se tourne vers moi et m’adresse un sourire lumineux avant de me présenter directement son compagnon.


— Will, voici Tony, notre moniteur.


L’homme âgé d’une quarantaine d’années me tend sa main et je la lui serre avec vigueur.


— Ravi de vous rencontrer, Tony.


Légèrement plus petit que moi, le type est plutôt bel homme. Brun, les yeux très bleus, il a le teint tanné typique de l’américain qui vit à l’année dans les îles.


— Moi de même ! Prêts à voir l’une des plus belles barrières de corail du monde ?


— Absolument !


— Alors, c’est parti !


Tony se retourne, monte à bord du bateau de plongée amarré au ponton alors que Poppy m’adresse un regard perplexe que je décide d’ignorer. Inutile de s’épancher sur mon comportement étrange de tout à l’heure. Elle n’a pas besoin de savoir le pourquoi du comment. C’est terminé maintenant, tout est rentré dans l’ordre. À la place, je m’avance et saute sur le pont avant de tendre ma main vers elle.


— Tu viens ?


Elle m’observe une seconde, ne sachant visiblement pas quelle attitude adopter, mais en voyant mon air enjoué, elle hausse les épaules puis attrape ma main pour monter avec moi. Une fois à bord, nous nous installons sur des strapontins dédiés tandis que Tony démarre le moteur et fait le nécessaire pour partir en toute sécurité. Très vite, nous nous éloignons de la rive pour rejoindre des eaux plus profondes.


Les îles d’Exuma sont réputées pour la beauté mais aussi la diversité de leur fond marin. Nombreux sont les touristes du monde entier à venir les découvrir. Grâce aux récifs coralliens, l’abondance d’espèces d’animaux marins est extraordinaire. Un véritable paradis pour plongeurs. On dit même que le fameux commandant Cousteau les aurait filmés.


Mon regard se perd un instant vers l’île que nous venons de quitter, vers cet éden de nature parfaitement préservé. Douces collines, plages de sables blancs, ancrages secrets et baies ciselées… il n’y a rien d’étonnant à ce que Copperfield ait eu l’idée d’y créer un resort d’exception. Cet endroit est vraiment remarquable.


Après plusieurs minutes de navigation, je sens Poppy se raidir à côté de moi. Intrigué, je reporte mon attention sur elle. Les cheveux au vent, elle observe avec inquiétude le matériel de plongée entassé dans un coin du cockpit.


— Ça ne va pas ? lui demandé-je doucement mais avec suffisamment de force pour couvrir le bruit du vent.


— Si, si, ça va.


— T’es sûre ? Tu n’as pas l’air rassurée ? Tu en as déjà fait, au moins ?


Elle acquiesce.


— Bien sûr que j’en ai déjà fait, seulement pour être tout à fait honnête avec toi, je suis un peu claustrophobe. Du coup, j’appréhende toujours un peu au départ mais une fois dans l’eau, le malaise passe et je prends vraiment mon pied...


Au moment où elle prononce ces mots, elle réalise leur sous-entendu et d’emblée, elle écarquille les yeux tout en rougissant de la plus adorable des façons. Elle a l’air terriblement gênée et je dois admettre que la voir se débattre intérieurement avec ses pensées est très distrayant. À quoi pense-t-elle, là, tout de suite ? À toutes les façons dont elle aime prendre son pied, justement ? Ou au fait que, moi, j’y pense ?


— … enfin, je veux dire, je m’amuse quoi !


En la voyant bafouiller, s’effaroucher, je ne peux retenir un petit rire. Elle est très jolie quand elle est embarrassée, presqu’encore plus que lorsqu’elle maîtrise son comportement. Ses yeux sont alors trop grands, son regard irrésistiblement naïf. Pour tout dire, cela fait plusieurs fois que je le remarque. En effet, Poppy dégage une sorte d’ambivalence perturbante qui brouillerait les senseurs de n’importe quel mec. J’en connais plus d’un que ça rendrait fou. Ne jamais réellement savoir à qui on a affaire. Tantôt assurée, charismatique et sensuelle, tantôt ingénue, un peu gauche et anxieuse. J’ai parfois l’impression qu’il existe deux versions distinctes d’elle-même. L’une possède le sex-appeal diabolique d’une pute de luxe et l’autre l’innocence fragile d’une enfant.


Et ça me fait quelque chose, là, au creux de ma poitrine, quelque chose que je ne devrais même pas éprouver.


— Respire, Poppy, j’ai compris l’idée, lui glissé-je alors qu’au bout de longues minutes, le bateau commence à ralentir pour s’arrêter. Au fait, tu as prévu les autres qu’on partait en mer ?


— Oui, j’ai croisé mon père dans le lobby, j’ai promis qu’on serait rentrés pour le déjeuner.


— Parfait.


Peu après, Tony réapparaît sur le pont pour jeter l’ancre tandis que je me lève de mon siège pour commencer à me préparer. Je me déchausse en m’aidant de la pointe de mes pieds, ôte mes lunettes de soleil, fais passer mon tee-shirt par-dessus ma tête et réajuste mon maillot de bain bas sur mes hanches.


— Bon sang…, souffle à voix basse ma voisine avant de me tourner le dos pour se déshabiller à son tour.


Trop curieux pour me persuader de ne pas le faire, je profite du fait qu’elle ne me voie pas pour apprécier le spectacle. D’une main agile, elle défait la fermeture Éclair dans son dos et laisse glisser sa robe le long de son corps jusqu’à ce qu’elle tombe en corolle autour de ses pieds. Attentifs, mes yeux suivent la course du tissu sur sa peau, apprécient l’arrondi de ses épaules, le creux de ses reins, la courbure voluptueuse de ses hanches pleines et de son splendide petit cul, véritable source d’images obscènes. Sincèrement, j’ai rarement vu un cul pareil. Tout à fait le genre qu’on a envie de serrer comme un oreiller. Quant à ses jambes, putain… Des kilomètres de jambes. Exactement comme celles de sa mère. Cal est un enfoiré de chanceux, si vous voulez mon avis. Parce que même à soixante piges, Savannah est encore sacrément bien roulée.


Elle enjambe son vêtement, puis se décale et se penche en avant pour le récupérer tandis que je tente, comme je peux, de ramasser sur le sol du cockpit le peu de ce qu’il me reste de self-control. Ce corps, bordel… de quoi vous mettre à genoux.


Elle se retourne enfin et me surprend en train de l’examiner. Examen qui n’a rien – mais alors rien – d’amical. Un demi-sourire vient alors retrousser ses lèvres tandis que mes pectoraux et mes abdominaux se contractent en la voyant me mesurer du regard comme une sale gamine impertinente. Elle sait exactement ce que j’étais en train de faire et elle va en jouer, cette petite peste.


— Tu aimes ce que tu vois ? me demande-t-elle alors, frondeuse.


Si j’aime ce que je vois ? Mon Dieu, non ! Au contraire. Je n’aime pas du tout ce que je vois, ni ce que je ressens en découvrant ses superbes seins déborder de son haut de maillot trop petit… Je vous ai déjà dit qu’elle avait de gros seins, parfaitement rebondis ? Bordel, ils sont tellement beaux qu’ils ont presque l’air faux. Quant au reste de son corps, il est exactement comme je l’imaginais. Un petit ventre dodu mais ferme, des cuisses fuselées et un sexe, qui, dissimulé par le triangle de sa culotte, semble idéalement étroit.


Ce n’est pas bien, Will, putain. Arrête de la regarder, arrête d’y penser.


Perdu dans mes réprobations silencieuses, je ne la vois pas s’approcher et ce n’est que lorsque je sens l’odeur de sa crème solaire que je reviens sur Terre.


— Tu as un peu de bave… là… juste aux coins de tes lèvres, me charrie-t-elle en tapotant sa propre bouche.


Vexé d’avoir été pris sur le fait, je décide de jouer un peu avec elle, de la déstabiliser. J’aime quand elle est sûre d’elle, mais j’aime encore plus quand elle perd ses moyens, surtout si j’en suis la cause. Aussi, au lieu de détourner le regard, je continue de la fixer, avec insistance, intransigeance, pour qu’elle me sente partout sur elle, jusqu’aux pointes tendres de ses mamelons dont l’image n’a pas quitté ma putain de tête depuis hier après-midi.


Progressivement, l’air autour de nous s’alourdit, se densifie, crépite entre nos deux corps. Je ne devrais pas m’aventurer sur ce terrain, or je veux qu’elle frissonne sans que je la touche, qu’elle halète sans qu’elle ne puisse reprendre son souffle. Je veux qu’elle ne pense qu’à moi, que ça l’étouffe. J’ai envie de voir comment son corps réagit lorsque je suis trop près, quelle expression a son beau visage lorsqu’elle est troublée. Ça m’intrigue, ça m’excite.


Putain, t’es dans la merde, mon vieux.


Tout de même déterminé à lui rendre la monnaie de sa pièce, je m’avance d’un pas vers elle, sans qu’elle n’effectue le moindre mouvement de recul. Attentive, sur le fil, elle me regarde sans ciller, et une fois de plus, j’ai du mal à ne pas admirer sa beauté. La peau nacrée de sa gorge délicate, le rose presque trop criard de sa bouche, les taches de rousseur dispersées un peu partout sur son visage, son cou et son décolleté… Elle est vraiment adorable, bien plus que je ne l’avais jamais réalisé.


J’incline alors la tête sur le côté avant de lui demander d’une voix basse qui la fait frissonner, malgré ce qu’elle tente de me montrer :


— À quoi tu joues ?


D’abord étonnée par ma question qui tombe comme un cheveu sur la soupe, elle fronce les sourcils ne comprenant manifestement pas le lien de cause à effet et ses mots s'entrechoquent sur ses lèvres lorsqu'elle me répond :


— Com… comment ça ?


J’avance encore d’un pas et nos pieds sont désormais à touche-touche. Ma proximité l’affecte, je le vois. Elle est à cran, dépassée par la situation. Elle ne comprend pas pourquoi je suis si proche… et pourtant, elle ne tente, en aucun cas, de reculer. Cette fois, j’en suis persuadé, je la déstabilise et putain… ça me fait un effet incroyable !


En réalité, je me la joue, mais je n’en mène pas large non plus. Malgré moi, je sens que mon regard est trop chaud, trop sombre, désireux de choses qui lui sont normalement interdites. J’ai beau me persuader que nous sommes en train de jouer… je n’en suis finalement plus si sûr.


Faisant fi de tous mes baromètres intérieurs qui crient au scandale, je précise ma pensée :


— En mettant ce maillot de bain (je balance un coup d’œil appuyé sur sa poitrine), si on peut vraiment appeler ça comme ça, c’est l’effet que tu voulais avoir sur moi ?


Ma question tombe comme un couperet et cette fois, sa réaction est immédiate. Ses lèvres s’entrouvrent sous le coup de la surprise alors que je continue de la scruter sans la moindre étincelle de plaisanterie dans le regard – du moins, j’essaye.


— Quoi ? Non ! T’es dingue ! s’exclame-t-elle, outrée que je puisse la soupçonner d’une telle chose.


Néanmoins, perturbée par l’idée d’avoir pu inconsciemment m’allumer, elle tente un mouvement de recul, mais je ne lui en laisse pas le temps et l’attrape par le coude pour l’attirer vers moi, de sorte à ce qu’elle ne se retrouve plus qu’à quelques centimètres de mon torse. Par réflexe, elle pose une seconde ses mains sur mes abdominaux pour me repousser, et je dois serrer la mâchoire de toutes mes forces pour ne pas pousser un grognement qui trahirait l’effet que me fait ses doigts sur ma peau.


C’est quoi ce bordel ?


Ses paumes quittent presque instantanément mon ventre et malgré mon évident soulagement, j’ai encore l’impression de les sentir sur moi. Ça me picote, me démange comme si je m’étais brûlé.


— T’es sûre ? susurré-je d’une voix trop profonde pour être totalement maîtrisée. Parce que si tu voulais me faire bander, c’est réussi.


Sa bouche se déforme sous l’effarement, puis se referme avant qu’elle ne baisse malencontreusement les yeux vers mon entrejambe pour vérifier mes dires. Fort heureusement, je n’ai qu’une demi-molle, relativement invisible sous mon short de bain. Rouge comme une tomate, elle ouvre à nouveau ses lèvres pour en sortir finalement qu’une succession de mots sans queue ni tête….


— Je ne… tu… qu’est… pas du…


Et là, ne pouvant définitivement plus me retenir, j’éclate de rire. Sincèrement, spontanément. Il ne lui faut alors que quelques secondes pour comprendre que je suis en train de me payer sa tête.


Visiblement rassurée, ses épaules se relâchent d’un coup avant qu’elle ne m’envoie un coup de poing dans le pectoral.


— Putain, t’es con !


— Désolé, mais c’était trop tentant ! rétorqué-je, toujours hilare.


Au même moment, Tony sort de la cabine de pilotage et tout sourire, il s’avance vers nous.


— Prêts à plonger, les amoureux ?


Elle est la première à réagir.


— Oula, non ! grimace-t-elle avec un dégoût non feint. Nous ne sommes pas du tout…


Elle nous désigne en faisant naviguer son index entre nous. Le moniteur semble comprendre tout de suite où elle veut en venir et hoche la tête.


— Au temps pour moi ! sourit-il avant de désigner le tas de sacs en toile juste derrière nous. Les palmes, masques et tubas sont juste là, servez-vous, vous devriez trouver votre bonheur. L’eau est à 27°C, on va se régaler !


Poppy se détourne et va piocher dans le matériel tandis que je reste planté, là, l’esprit tourmenté par une seule et unique chose : Comment ça « Oula, non ! » ? Est-ce que l’idée de sortir avec un type comme moi est à ce point rebutant ? La grande majorité des nanas que j’ai connues aurait adoré avoir plus de moi qu’une ou deux parties de jambes en l’air. Beaucoup ont tenté de m’attraper dans leurs filets, alors quel le problème au juste ?


Je suis un putain d’enfoiré, parce qu’en réalité, je ne suis pas censé penser à des trucs comme ça alors que, depuis ce matin, je ne fais que ça ! Sérieusement, je ne sais pas ce qu’il me prend, mais ça commence doucement à m’inquiéter. J’ai l’impression d’avoir de nouveau seize ans et de me poser plus de questions qu’une adolescente en chaleur. Je suis même en train de me demander si cette idée de plonger ensemble n’est finalement pas une grosse erreur ?


— Qu’est-ce que tu fous ? Tu as changé d’avis ou quoi ? Ne me dis pas que tu as peur de nager parmi les poissons rouges ?


Elle glousse de sa plaisanterie minable – je tiens à le préciser – alors que je lève les yeux au ciel avant de me retourner et de la rejoindre. Une fois à ses côtés, je me penche en avant puis commence à fouiller dans les sacs tout en lui rétorquant :


— Il n’y a pas de poissons rouges dans la mer des caraïbes.


Je me redresse, une paire de palmes et un masque dans les mains. J’essaye ce dernier avant de jeter un coup d’œil dans sa direction. Son air dubitatif me tire un petit sourire en coin.


— Tu le savais, n’est-ce pas ?


— Bien évidemment, je ne suis pas débile !


À présent intégralement équipée, elle fait mine d’être exaspérée en soupirant pour finir par rejoindre Tony près de l’échelle. Mon regard glisse une demie seconde sur la cambrure de sa chute de reins qui fait paraître ses fesses encore plus délicieusement rebondies et, après avoir asséné un énième coup de boule à mon inconscient, je me joins à eux.


— Vous avez tous les deux fait de la plongée sous-marine donc vous ne devriez avoir aucun mal à gérer votre respiration, votre équilibre et votre motricité, nous explique Tony. Mais je vous rappelle quand même quelques règles de sécurité basiques avant d’y aller. Tout d’abord, ne vous éloignez pas trop, plus on reste groupé et plus vite on peut intervenir en cas de problème. Deuxièmement, repérez bien votre point d’entrée et surtout plusieurs points de sortie. Et enfin, ne surestimez par vos capacités physiques, vous êtes là pour vous amuser et apprécier le spectacle, OK ?


Nous hochons tous les deux la tête.


— Alors, c’est parti ! Honneur aux dames ?


Poppy se dresse puis s’avance. J’ai beau ne savoir que depuis dix minutes qu’elle souffre de claustrophobie, je peux le voir dans la manière dont elle bouge son corps. Elle est toute crispée. Je me place alors derrière elle afin de poser mes mains sur ses épaules. Elles sont toutes petites sous mes grandes paumes et sa peau, réchauffée par le soleil, est agréablement chaude sous mes doigts.


— Ça va aller, je ne te quitterai pas des yeux, OK ?


Elle acquiesce d’un léger mouvement de la tête alors que je presse doucement ses épaules en signe de soutien. Une fois positionnée sur l’échelle, elle se laisse tomber dans l’eau et très vite, seul le haut de son tuba apparaît à la surface.


Dans la foulée, j’effectue le même manège avant de la rejoindre. Une fois sous l’eau, je suis propulsé dans un tout autre monde. Littéralement. Un monde au silence absolument étourdissant. Il me faut quelques minutes pour réussir à coordonner correctement, mes mouvements car en milieu sous-marin, votre centre de gravité et vos cinq sens perdent tous leurs repères habituels. Dans l’eau, les sons se déplacent cinq fois plus vite que dans l’air. Difficile alors de savoir d’où viennent les vibrations qui nous entourent. Malgré mon champ de vision considérablement réduit, je repère Poppy à quelques mètres de moi. Visiblement bien plus à l’aise que tout à l’heure, elle bat des pieds, le sourire aux lèvres en admirant la multitude extraordinaire de poissons et de coraux qui nous entourent.


En nageant jusqu’à elle, j’aperçois une raie à moitié dissimulée dans le sable, puis, soudain, plusieurs mérous rouges apparaissent au détour d’un immense buisson de coraux jaune vif. Nous les regardons passer devant nous avant de se sourire, émerveillés. Quelques mètres plus loin, nous nous arrêtons pour admirer une tortue entourée d’une multitude de poissons-anges, ces fameux poissons aux couleurs jaunes et bleus presque fluorescentes.


À chaque coup de palme, nous découvrons de nouvelles espèces : mangroves, vivaneaux…

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, tout n’est pas forcément bleu dans la mer. La rare clarté de l’eau et la blancheur du sable permettent de saisir toutes les nuances des couleurs autour de nous. Vert, bleu, rose, rouge, orange, jaune, c’est véritable festival.


Sous l’eau, je perds très vite toute notion du temps. Une plongée d’une demie-heure peut me sembler durer des heures. C’est très agréable, apaisant. Ici, on ne pense plus à rien, on oublie presque tout.


J’ai découvert les joies de la plongée il y a plusieurs années lors d’un séjour en Australie et j’ai tout de suite adoré. Au même titre qu’en haut d’une montagne, j’y ai très vite ressenti du respect, de l’humilité et de l’admiration pour ce monde à part entière qui recouvre environ 70 % de la planète. Pourcentage relativement étourdissant quand on y pense ! C’est notamment dans l’eau que j’ai expérimenté mes plus belles découvertes. Des découvertes qui se méritent au prix d’efforts et de dépassement de soi.


Au bout d’un certain moment, Tony nous fait signe de remonter. Je m’assure alors visuellement que ma voisine a reçu le message puis nous rejoignons tous le bateau. De retour à la surface, je retrouve le moniteur qui, après quelques questions, s’empresse de grimper sur l’échelle. Je l’imite puis une fois à bord, je me retourne et me penche pour aider Poppy à se hisser hors de l’eau.


— Ça va ? lui demandé-je alors qu’elle se débarrasse de son masque et de son tuba.


— C’était génial !


Son sourire en dit long sur son état d’esprit. La jeune femme anxieuse de tout à l’heure n’existe plus. Elle ne mentait pas, elle a vraiment pris son pied et moi aussi.


« Tu perds la main, mon pote, d’habitude, c’est avec toi qu’elles prennent leur pied… » ricane la connasse de petite voix dans ma tête. Je la chasse aussi vite qu’elle est apparue. Ce n’est franchement pas le moment de m’embrouiller l’esprit.


— Vous avez vu la taille de cette tortue ? Incroyable ! embraye-t-elle en tendant son matériel à Tony qui, tout de suite, lui raconte une anecdote sur cette dernière.


Je les écoute bavarder alors que je me débarrasse également de mon barda et récupère mes affaires sur l’un des strapontins. Nous avons beau avoir nagé qu’une petite heure, j’ai la sensation d’être parti toute la journée et pour une raison qui m’échappe et que je ne tenterai pas d’analyser, je n’ai pas envie de rentrer.


Pas tout de suite.


Il est sûrement trop audacieux pour moi de l’admettre mais, j’ai encore envie de profiter de sa présence sans avoir à supporter également celles des autres. Elle est différente quand elle est seule avec moi. Plus libre, peut-être. Affranchie de la surprotection quasi constante de ses parents et de son frère. Et ça me plaît. C’est cette Poppy là que j’ai envie de connaître, qui m’intrigue.


Il faut dire que, dans la vie, je suis du genre entier. Je n’aime pas faire ou vivre les choses à moitié. Vieille influence de mon mental d’athlète, j’imagine... Quand j’ai quelque chose en tête, une idée, un objectif, difficile de me faire dévier de ma trajectoire. Je veux, j’obtiens, à n’importe quel prix.


Or ce que je veux, là, tout de suite, c’est découvrir la version non édulcorée de Poppy O’Shea.


Je veux tout apprendre, le bon comme le mauvais.


Aussi, si j’étais un minimum intelligent – ce que manifestement, je ne suis pas – je commencerai sérieusement à me poser des questions parce que vue d’ici… ça ne sent vraiment pas bon pour moi.

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